Extraits du livre: “155: Los días que estremecieron a Cataluña”. Editorial Doña Tecla. Teresa Freixes

Le 1er Octobre Immédiatement après l’approbation de la loi de referendum d’autodétermination et de la loi de transition juridique et fondatrice de la république le gouvernement de la Généralité (exécutif du conseil régional) réuni en session plénière présidé alors par Carles Puigdemont signa la convocation du referendum pour le 1er octobre, en dépit de savoir que le recours contre les dites lois avait été inscrites au rôle du Tribunal Constitutionnel et que cette admission au rôle avait un effet suspensif il était donc parfaitement conscient que le referendum ne présentait pas les obligations requises ni dans les formes ni sur le fond, exigibles au regard du droit international et national, pour être considéré valable et légitime.

Ils avaient tellement confiance dans leur manœuvre que, anticipant les résultats ils préparèrent consciencieusement leur mise en scène vis à vis de l’opinion publique, surtout international. Junqueras affirma quelques jours avant que «80 % allaient dire oui». Il s’aventura même a donner des chiffres plus que concluants: Participation 60 %, votes affirmatifs 60 %, votes négatifs 20 %. A l’évidence peu leurs importait le résultat. Pour eux «le mandat démocratique» que leur avait donné le «Parlement»(conseil régional) leur conférait la légitimité, sans aucune pudeur, pour faire comme ils le voulaient. comme bon leurs semblerait.

En Europe, toutes les élections et referendums sont soumises aux règles fondamentales fixées par l’OSCE et la commission de Venise organisme consultatif du Conseil de l’Europe. La commission de Venise a édité un «Code des bonnes pratiques pour les referendums» qui décrit les garanties démocratiques exigibles: Qu’il y ait une commission électorale pluriel, que les gouvernements qui les convoquent demeurent impartial et s’abstiennent de propagande, que la loi sur le referendum soit approuvée et ne subisse aucune modification pendant l’année qui précède sa célébration. La commission électorale appelée Commissions de Garanties électorales crée par la Loi de transition fut approuvée par le «parlement» (conseil régional) le 7 septembre soit à peine 4 semaines avant la date fixée pour la célébration du referendum; elle a été intégralement désignée à son image par la majorité sécessionniste de la chambre. On ne s’attendait pas bien sûr, à l’impartialité du «Govern» (exécutif catalan) dont le seul objectif était d’en arriver là ou il en était. Aucunes des conditions n’étaient réunies et de plus le Tribunal Constitutionnel en avait suspendu la célébration. Le Secrétaire de Venise fit une déclaration publique affirmant que ce referendum ne remplissait pas les conditions requises. Et devant la demande de médiation qui fut faite à la Commission Européenne par les organisations sécessionnistes et même par la maire de Barcelone en personne, pour que celle-ci fasse pression sur le gouvernement espagnol pour qu’il autorise le referendum, la Commission a répondu très officiellement: Nous respectons l’ordre juridique et constitutionnel de l’Espagne . Mais le Govern (exécutif catalan) loin de rester neutre, obligea les gens à siéger dans les conseils électoraux en déclarant la présence obligatoire et ceci par tous les moyens en menaçant d’éventuels sanctions ceux qui s’y refuseraient. Monsieur Puigdemont en personne a émis un Tweet enjoignant tous les catalans à voter et a affirmé publiquement qu’il avait des «plans de mesures pour garantir le 1-O». il a ouvert un site web et quand il fut fermé sur ordre de la justice il le relocalisa sur un autre media et continua à diffuser de plus belle. N’oublions pas non plus qu’ils inventèrent le recensement universel, non réparti par bureau de vote, après s’être procurée manière délictueuse les données de l’Institut National de la Statistique et en les utilisant illégalement . (l’Agence de Protection des Données a d’ailleurs ouvert une enquête sur cette infraction passible d’une amende de 600.000€, bien que l’on sache qu’en matière d’argent tout leur est égal….)

Le Gouvernement espagnol a été dépassé par les événements. Les résolutions judiciaires émises sur l’utilisation des centres scolaires la fin de semaine du 1er octobre étaient peu claires. Le refus des Mossos (police autonomique catalane) d’empêcher le vote, confirmé postérieurement par les enquêtes judiciaires, provoqua l’intervention obligée des forces de sécurité espagnoles ce qui était ce que recherchait les sécessionnistes pour en faire des photos. Ils avaient besoin d’enregistrements d’ images, de photos sur lesquels on pourrait apprécier la «répression» espagnole et grâce au désastre des opérations du à cette défection , ils les obtinrent sans mal. Ils s’approprièrent les images et les diffusèrent à tout va un peu partout et la «version» des indépendantistes faisant état de milliers de blessés et d’agressions d’enfants et de vieillards se répandit. Jusqu’à ce que la démonstration soit faite que le vidéo qui circulait le plus était en fait une mauvaise copie d’une autre fabriquée à Maidan en Ukraine mélangée à des événements de troubles antérieurs à Barcelone, un peu partout on a cru que la police avait massacré la population civile pacifique et sans défense. Plus tard après avoir constaté que l’ensemble des hôpitaux de Barcelone n’avaient enregistré que 4 blessés dus aux évacuations de collèges, même les députés étrangers qui avaient sympathisé avec les votants, reconnurent avoir été manipulés (eux et les autres) mais le mal était fait. Le 2 octobre les sécessionnistes exultaient. Et c’est ainsi que s’est bâtie la fiction «du mandat démocratique» voté par le peuple catalan en résistance à l’oppression espagnole.